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Cheinisse-ex-Renault

  • Première Victoire Alpine en F1, BRAVO!

     

    En ce dimanche premier Août 2021 une magnifique opportunité s’est ouverte au départ de ce Grand Prix de Hongrie de Formule 1 et Alpine s’y est engouffrée avec détermination : Bravo à toute l’équipe pour ce succès historique obtenu après un « sans fautes » indiscutable !

    Bravo, particulièrement, à Esteban Ocon dont le talent et les nerfs ont résisté à l’énorme pression de l’ex-Champion du Monde Sébastien Vettel et son Aston-Martin sur 67 des 70 tours de la course ; soit pendant 2 heures, 4 minutes et 43 secondes ! Il a démontré avec éclat qu’il valait sans doute mieux que le second rôle auquel son patron entendait l’enfermer dans une très récente interview…

    Bravo à Fernando Alonso qui a affiché de la plus belle manière sa sportivité et son esprit d’équipe dans la tradition de l’Alpine historique.

     

    Cela dit, restons lucides : pour la deuxième fois consécutive le Team Mercedes a , dès le premier tour, complètement perturbé le cours normal de la course par un accident spectaculaire éliminant ou endommageant gravement les monoplaces de 6 ou 8 concurrents pouvant prétendre à la victoire...Le retour « canon » d’Hamilton parti dernier à cause d’une grandiose erreur stratégique de son équipe en dit long sur les écarts de niveau entre les écuries de pointe (Red-Bull, Mercedes, Ferrari ) et celles de milieu de grille qui se livrent entre elles un combat au centième de seconde.

    Depuis 5 ans, Renault F1 Team, devenu Alpine pour le meilleur et pour le pire, se bat en milieu de grille en promettant le meilleur pour demain...on vient enfin de vivre le meilleur...jusqu’à quand ?

    La recherche de la couverture médiatique pour justifier son engagement en F1 et son lourd budget est très aléatoire au vu de la façon dont ce grand cirque est conté au public par les médias, sous le contrôle des plus puissants. Par exemple qui va oser dire ou écrire que depuis que Red-Bull a ravi à Mercedes le leadership en F1, l’écurie allemande a perdu ses nerfs ; ou encore, autre exemple ce matin dans l’Equipe, un article sur le petit malaise qu’a subi après l’arrivée ce pauvre Hamilton, encore Champion du Monde en titre... Mais pas un mot sur la façon dont son challenger Max Verstappen a vécu physiquement cette course éprouvante, 15 jours après que le bon Lewis l’ait envoyé dans le décor à Silverstone subissant un choc à 51g.! Il peut se passer beaucoup de temps avant que le talent ne dévisse l’image des plus puissants.

    Bon courage Monsieur Senard !

     

    Jacques CHEINISSE 01 08/ 2021

     

  • MONTE CARLO 2021

    Alpine, 50 ans, la fin des « Trente Glorieuses »

     

    « Le grand huit d’Ogier »

    C’est le très discret (30x55 millimètres) sous-titre en Une de l’Equipe de ce jour, 25 janvier 2021 introduisant son compte-rendu (2 pages) du 89ème Rallye de Monte Carlo….

    La place allouée à cet événement sportif international par le grand quotidien français des  Sports est à l’image de ce qu’est devenue la couverture médiatique du plus célèbre rallye du monde !

    Depuis quelques jours j’étais exceptionnellement en quête d’informations sur le déroulement du rallye car j’avais lu que c’était l’occasion du retour d’Alpine en rallyes… Ne pratiquant pas les réseaux sociaux, j’ai dû me contenter des médias ex-classiques qui ne délivraient qu’une rare info lapidaire sur le leader provisoire de l’épreuve. Les deux papiers de l’Equipe ne disaient pas un mot des Alpine, le palmarès publié s’arrêtant à la 10ème place… et il m’a fallu attendre la fin de matinée pour apprendre d’un communiqué Renault que « les cinq Alpine A110 Rally au départ ont rallié l’arrivée pour dominer les catégories FIA R-GT et deux roues motrices » puis, que la meilleure d’entre elles, pilotée par Manu Guigou finissait 22ème du classement général…

    Je ne doute pas de la qualité de préparation des voitures, ni de l’engagement, la dextérité des équipages qu’il faut féliciter mais cela en dit long sur les écarts de performances permises par la technique actuelle « 4 roues motrices » très pointue permettant d’exploiter une puissance moteur très supérieure. Et cela, on ne le découvre pas, constitue pour les « 2 roues motrices » un handicap colossal que le grand public n’apprécie pas forcément à sa juste valeur… Le risque de décrédibiliser Alpine en l’engageant officiellement dans ces épreuves a-t-il été suffisamment apprécié ?? La question n’échappera pas à ceux qui ont fait d’Alpine, dès 1971, la « Championne Internationale des Rallyes ».

    Car cette édition du Monte Carlo marquait les 50 ans du triomphe d’Alpine à cette épreuve, très populaire à l’époque : 1er Ove Andersson, 2ème à 40sec., Jean-Luc Thérier, 3ème à 1mn51sec Jean-Claude Andruet ex-aequo avec Björn Waldegaard sur Porsche 914-6.

    La qualité de notre adversaire Porsche étalonnait cette victoire à sa juste valeur.

    En outre, c’était une belle revanche sur la saison précédente où Porsche avait battu Alpine de 2 points au Championnat International des Rallyes, lequel championnat ne devait pas nous échapper en 1971, après ce brillant début de saison. La « Berlinette » Alpine était bien devenue la meilleure voiture de rallye du monde et l’a confirmé en enlevant ce même championnat, devenu Championnat du Monde des Rallyes » en 1973.

    On ne savait pas encore que c’était aussi la fin des « Trente Glorieuses » !

     

     

     Jacques Cheinisse – 25 janvier 2021

     

  • Alpine, enfin consacrée !

    Alpine, enfin consacrée !

     

    Malgré sa petite taille, tant industrielle que commerciale, et sa rentabilité aléatoire, la valeur de la marque ALPINE est maintenant officiellement reconnue par le nouveau D.G. de Renault, Luca de Meo, au point d'en faire l'une des quatre marques sur lesquelles portera la réorganisation de notre grand constructeur. A cette solennelle occasion, je ne peux m'empêcher d'avoir une affectueuse pensée pour mon premier patron, Jean Rédélé, le fondateur de la marque en 1955 et d'y associer Carlos Tavares qui, en 2012, alors D.G. Adjoint de Renault, a sorti cette « Pépite », comme il désignait Alpine, de la poussière où les successifs dirigeants de Renault l'avaient abandonnée, sur l'autel de la rentabilité.

    La notoriété et l'image de cette start-up des années 60/70 ont été construites essentiellement sur le sport automobile dans une ambiance de partenariat détestable en guéguerre continue avec certains « petits chefs » de Billancourt, aux premiers rangs desquels les responsables de la communication : ils redoutaient que, par ses exploits, Alpine ne fasse de l'ombre à Renault...D'où cette ridicule alternative, selon les vicissitudes de l'actualité sportive : c'était, selon les communiqués officiels de la grande maison, Renault-Alpine, voire Renault, tout court, qui gagnait...et Alpine qui perdait. En Juin 1973, Renault prit le contrôle d'Alpine et ce problème fut en principe réglé puisque la nouvelle société, et donc, la marque, se dénommaient dorénavant « Alpine-Renault ». Mais ça n'a pas tenu longtemps : si, à la fin de la saison 1973, c'est bien Alpine-Renault qui a été intronisée Championne du Mondes des rallyes, c'est une Renault-Alpine qui a gagné les 24 Heures du Mans 1978 !

    Cette consécration est donc une belle consolation pour les Anciens d'Alpine, mais c'est surtout un bon soulagement pour la nouvelle équipe Alpine. Fin Mai, le plan d'économies de 2 milliards annoncé par Renault envisageait la fermeture du site de Dieppe, ce qui, à brève échéance condamnait de facto la marque Alpine, sujet que j'ai développé dans ce blog sous le titre «  Renault trahit Alpine » daté du 25/05/2020.

    Mais il faut rester vigilant, la prise en compte de la marque à sa juste valeur ne garantit pas qu'un produit spécifique Alpine viendra relayer la A110 lors de sa fin de vie : on peut être tenté d'exploiter la marque sous forme de badging de modèles Renault en faisant l'impasse de la régénérer par des produits spécifiques innovants et marquants. C'est ce qui est arrivé à la marque Gordini qu'on a galvaudée sur des produits qui n'étaient pas en adéquation, comme la Twingo-Gordini. Même processus pour Abarth qui a disparu en tant que marque, voire même, à terme, Lotus qui passe dangereusement de mains en mains. Mais M.de Meo qui a créé la marque Cupra pour Seat sait combien il en coûte de hisser une nouvelle marque au bon niveau d'image et de notoriété.

    La menace est d'autant plus sérieuse que Renault déclare relancer la F1 sous la marque Alpine, que cette activité est très budgétivore, que la nouvelle Business-Unit Alpine sera dirigée par M. Abiteboul, patron actuel de la F1, lequel dans ses futurs arbitrages budgétaires aura tendance à favoriser la F1, plutôt qu'un nouveau produit Alpine...La problématique pourrait être, si elle n'est pas déjà tranchée, quelle meilleure voie pour consolider la marque Alpine et la santé du groupe Renault ?

    Un nouveau produit qui va rayonner pendant 6 ou 7 ans ou un Championnat du Monde F1.

    Pour fixer les idées , le coût d'un nouveau produit de type Alpine à Dieppe est de l'ordre du coût de 2 saisons de F1 selon les données que j'ai mémorisées depuis mon fauteuil de Directeur du Produit de Renault...il y a déjà 25 ans et de Directeur Sportif d'Alpine, il n'y a que 50 ans…

    Un bon produit, la nouvelle équipe Alpine a montré qu'elle savait faire ; reste à apprendre à le vendre, et, au bon prix…

    En F1, être Champions du Monde en 2 saisons semble complètement hors de portée d'une équipe qui tente depuis 4 saisons de se hisser à une trop modeste 4° place !

     

     

    Jacques CHEINISSE le 07/09/2020