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15/12/2009

25 Ans !

L’année 2009 se termine sans que Renault n’ait jugé bon de fêter dignement le 25°anniversaire de deux de ses produits emblématiques, nés en 1984 : la Renault 25 et l’Espace.

On peut comprendre que notre grand constructeur soit un peu gêné en la circonstance, sa Gamme Haute faisant lamentablement naufrage : La production de l’agressive Vel Satis a été arrêtée à Sandouville en Novembre dernier, sans remplaçante, comme avant elle, l’Avantime…L’Espace attend le même sort puisque sept ans après avoir été repris à Matra, dont les capacités de production avaient été jugées trop limitées,  il n’a pas de remplaçant dans les tuyaux. Pire encore, Laguna 3, accrochée à un segment de gamme beaucoup plus porteur de volumes n’arrive pas à percer, se trainant à moins de la moitié de ses objectifs de volumes, complètement distancée, malgré ses qualités, par ses concurrentes directes : V.W. Passat, Ford Mondeo sans parler des Audi A4, BMW série3, Mercedes Classe C, abusivement classées par les marketeurs dans un segment supérieur.

Pourtant « Renault Contrat 2009 », lancé en grande pompe en février 2006 par Carlos Ghosn, prévoyait de « doubler le nombre de véhicules vendus à un prix supérieur à 27000 euros, valeur habituellement retenue comme définition du Haut de Gamme »…

Les résultats de Renault sur ce segment, en principe, le plus rémunérateur se révèlent catastrophiques ; et ce n’est pas, comme le suggèrent nos constructeurs nationaux, une fatalité, pour les constructeurs généralistes : les Groupes Volkswagen et Toyota qui y réussissent parfaitement, le démontrent clairement!

Pour revenir à la  Renault 25, après un début contesté à cause d’un niveau de qualité déplorable, l’évolution « phase 2 » lancée en 1988 relança brillamment le modèle, qui, finalement, sur huit ans fut produit à 780000 unités…pour, environ, 62000 Vel Satis.

En 1988, la part du Haut de Gamme dans la production de la R.N.U.R. , malgré son handicap de statut d’entreprise nationalisée auprès de clientèles d’entrepreneurs, s’élevait à 25% .  (en gros : 100000 R25 +30000 Espace + 320000 R21 )

En 1998, cette part n’était déjà plus que de 14%  (23000 Safrane + 67000 Espace + 220000 Laguna)

En 2008, 20 ans après et trois P.D.G. plus loin, cette part de Haut de Gamme est tombée à 7% malgré l’investissement sur une nouvelle offre : le Koleos !      (1700 Vel Satis +22000 Espace + 81000 Laguna  + 55000 Koleos )

Les raisons de ce naufrage sont multiples : conceptuelles, techniques, commerciales, mais j’en vois trois principales :

n  Un niveau de qualité anarchique : En 1986, Raymond Levy avait imposé à l’entreprise une démarche qualité rigoureuse qui porta rapidement ses fruits ; dès 1988 la R25 atteignit le meilleur niveau européen en taux de défaillances mesuré, ainsi que la R19.

10 ans après, la nomination par Louis Schweitzer d’un directeur de la qualité surtout opportuniste  et le déploiement  par son futur remplaçant d’un « cost killing » effréné plongèrent la qualité des produits Renault dans les abîmes : Laguna2, lancée en 2000 ne s’en remis jamais.   On ne peut pas demander aux fournisseurs qui supportent plus de 70% du coût de l’auto de baisser leurs prix de 5% tous les ans sans qu’il ne se passe des choses en termes de qualité et de prestation !

Depuis, Carlos Ghosn maintenant P.D.G. a remis la pression sur la qualité, mais chaque campagne d’économies ramène des risques graves en ce domaine.

D’autres concurrents, dont certains  des plus renommés ont connu aussi des problèmes de qualité, mais ils réagissent plus vite et surtout assument complètement leurs responsabilités en clientèle.

 

n  Au niveau technique, des motorisations toujours en retrait par rapport aux meilleurs concurrents : les clients attendent plus du multi Champion du Monde de F1 ! Plus on monte en gamme et plus la Technique au sens large est prise en compte par la clientèle et, la motorisation est le domaine où la technique est la plus voyante.

 

n  Enfin, conceptuellement, Renault est en panne d’innovation depuis 12 ans…Il est impardonnable, par exemple, d’avoir attendu si longtemps pour aborder le nouveau créneau Haut de Gamme des Sport-Ut ou Crossover   et de le faire avec un produit très banal : le Koleos ! Et ce n’est pas une stratégie Design complètement erratique allant selon les produits d’un bio-design consensuel universel à un retro-design provocateur et tapageur qui peut donner le change.

 

1984 a aussi laissé le souvenir d’une année « Horribilis » pour la Régie : Un troisième lancement important eut lieu  cette année là, celui de « Super5 » remplaçant la célébrissime R5 et ce fut l’échec, la 205 de Peugeot reprenant   la main, déclenchant une grave hémorragie de clientèles vers le concurrent…

Cet échec, ajouté à d’autres dysfonctionnements eurent pour conséquences des résultats catastrophiques constatés en fin d’année, obligeant  l’Etat  actionnaire à prendre des mesures drastiques pour éviter la faillite :

-          Une perte nette de 11,7 milliards de francs (soit 3,26 milliards d’euros 2007)     

-          Une dette cumulée de 57 milliards de francs (soit 14,8 milliards d’euros 2007

-          Et finalement le « remerciement » par le Premier Ministre de Bernard Hanon, P.D.G. à l’époque…

25 ans après, les comptes du premier semestre de l’exercice 2009, révèlent une perte nette du groupe Renault  de 2,7 milliards d’euros et un endettement de 7,2 milliards d’euros, et le P.D.G., Carlos  Ghosn  a été reconduit dans ses fonctions par les actionnaires …      

 

Le 15 décembre 2009