Alpine sauve Renault !
Alpine sauve Renault !
L’accord signé entre Renault et Catheram pour relancer la marque Alpine, symbolisé par la poignée de mains de Monsieur Ghosn à Monsieur Fernandes, propriétaire de Catheram (entre autres…), au-dessus d’une Berlinette, fait naître un bel espoir, unanimement salué par la presse internationale.
Ce nouveau buzz tombe à pic pour faire oublier, même provisoirement, toutes les mauvaises nouvelles venant de Renault :
- une situation commerciale catastrophique en Europe, avec une part de marché (VP) de la marque Renault à 6,6%, quand elle était de 10,7% 10 ans plus tôt alors que la marque Volkswagen passait de 10,3% en 2002 à 12,8% en 2012, bientôt le double de Renault… exemple frappant du « décrochage » invoqué par Monsieur Gallois.
- l’échec du déploiement du Véhicule Electrique Renault promis pour 2012 : la ZOE, présentée en grande pompe en avril, accuse maintenant un retard d’au moins un an !
Donc, oui, aujourd’hui, au niveau de la communication, Alpine sauve Renault.
Et demain ?
Je ne vois pas quelle baguette magique pourrait redresser Renault à court terme : le succès espéré de Clio 4 ne faisant que compenser l’essoufflement prévisible de Mégane et Scénic.
En ce qui concerne Alpine, il faut y croire, mais on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions:
Compte tenu de la mauvaise situation de Renault, on peut comprendre qu’il fallait s’appuyer sur un partenaire pour relancer Alpine, mais Catheram est-il le bon ?
Dans l’immédiat les dollars de Tony Fernandes pour prendre 50% d’Alpine Renault (combien?) et les millions d’euros des collectivités locales pour localiser l’affaire à Dieppe, sont bienvenus.
Mais après?
D’abord l’argent ne commencera à rentrer que dans 4 ans !
Ensuite il faut que le projet réussisse pour perdurer.
Nous, les Anciens, avons tous des ambitions pour Alpine ; seront-elles partagées?
Qui commandera dans une J.V. à 50/50, même si le patron est de Renault?
Pour apporter quelques arguments sur le marché, la nouvelle Alpine doit être innovante, comme l’a été l’auto présentée en 1955 par Jean Rédélé avec son châssis poutre (principe repris par Lotus...) et sa caisse en polyester.
Or, si les autos Catheram d’aujourd’hui sont bien sympathiques, c’est dû plus à leur charme british suranné qu’à une créativité débordante.
Le nœud de l’affaire étant l’architecture du véhicule qui devra s’inspirer des technologies les plus modernes utilisées en compétition mais à un prix acceptable en petite série.
"Catheram Technology Innovation" revendique être un spécialiste en ce domaine : ça tombe bien, mais quelles références? J‘espère au moins que les quelques chiffres parus ça et là sur le cahier des charges sont « bidon » : poids de 1200 à 1300 kg, pour 250 CV, 4,30 m de long et 40 000 €. Cette donnée poids me semble incompatible avec ce qu’on peut attendre d’une nouvelle Alpine.
Il ne faut pas oublier qu’une Mégane RS sur le même centrage, est une excellente voiture de sport à
30 000 €.
Le 6 novembre 2012