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18/11/2012

DECROCHAGE.

Décrochage

 

Quand Monsieur Gallois évoque le « décrochage » de l’industrie française il choisit à bon escient ce terme aéronautique que, par expérience, il connait trop bien : dans décrochage, on retrouve cette notion angoissante de perte de contrôle…

Dans ce fameux rapport, il se garde bien de faire référence à l’industrie automobile ; pourtant si on analyse la performance de Renault sur les dix années considérées, on a un dramatique exemple de ce décrochage.

L’ACEA (Association des constructeurs automobiles européens) vient de publier les chiffres des immatriculations VP (Véhicules Particuliers) en Europe pour octobre 2012 : le bateau Renault continue à s’enfoncer avec des ventes en chute de plus de 21% depuis le début de l’année et même de plus de 24% sur le seul mois d’octobre. En 2002, la marque Renault était la première marque VP en Europe avec une part de marché de 10,7 % ; à fin octobre 2012, à périmètre équivalent, soit l’Europe de l’Ouest ( 15 pays +EFTA), elle passe en cinquième position derrière Volkswagen, Ford, Opel et même Peugeot (seul)  avec une part de marché de 6,5 % : Philippe Lamirault, le Monsieur à qui on doit un passage de Renault à 15 % en Europe dans les années 80 doit se retourner dans sa tombe !

Sur la même période, sur le même marché, affrontant la même crise, avec des coûts du travail du même ordre, la marque Volkswagen passait de 10,3 à 13 % ! On me fera remarquer qu’heureusement Dacia sauve la mise : pas suffisant ! Quand on reprend la même comparaison au niveau des groupes, en dix ans le groupe Renault passe de 10,7 en 2002 à 8,1 à fin octobre 2012 quand le groupe V.A.G. passe de 18,4 à 24,5 % ; il faut ici rappeler que 1 point de pénétration du marché européen VP représente, selon les années, entre 120.000 et 150.000 véhicules. La chute de Renault s’est accélérée en 2006, en partie avec l’effondrement du haut de gamme ( Velsatis+Laguna+Espace) mais aussi après le changement de la direction générale…Il faut par contre noter, qu’à l’inverse, les ventes de notre constructeur au Brésil et en Russie ont fortement progressé depuis deux ans, grâce aux produits Dacia badgés Renault dans ces pays ; mais il n’y a pas d’exemple de percée durable à l’international sans une position solide sur ses marchés domestiques.

Si on revient au fameux rapport Gallois et ses 22 propositions pour améliorer la compétitivité de l’industrie française, on ne peut s’empêcher de faire remarquer que sa deuxième proposition, « Introduire dans les Conseils d’Administration des entreprises de plus de 5.000 salariés au moins 4 représentants des salariés… » est appliquée chez Renault depuis belle lurette, pour quel résultat ? Ce C.A. composé de 19 brillants administrateurs dont 4 représentants des salariés et 2 représentants de l’Etat, n’a-t- il pas voté à l’unanimité la reconduction du mandat de Président de Carlos Ghosn alors qu’on sortait difficilement du scandale de l’affaire de faux espionnage avec le licenciement sans motif de 3 cadres supérieurs, que la situation commerciale était déjà inquiétante et que le pari fou, à 4 milliards d’euros pour l’Alliance, de la voiture électrique devenait chaque jour plus incertain malgré l’esbrouffe de la direction générale : le 24/07/2008, lors d’un dîner « off » avec des journalistes, M.Ghosn déclarait : « Une voiture propre par définition ne pollue pas. Même pas un petit peu. Je ne crois pas à l’hybride mais au tout électrique. Dans 3 ans on verra qui a eu raison et qui a eu tort ! » Eh bien, trois ans après, la cause était entendue, la Nissan Leaf, seul véhicule électrique de l’Alliance se révélait être un bide aux USA alors que l’hybride Toyota Prius était la voiture la plus vendue au Japon…Cela s’est confirmé courant 2012 où la Leaf est encore en retrait aux US et même sous la menace d’une « public action » concernant la capacité de sa batterie alors que les hybrides  décollent partout : Oui, vous avez eu tort, Monsieur Ghosn, d’imposer à Renault et Nissan cette très coûteuse galère idéologique !

Malheureusement, le très politique rapport Gallois n’a pas de proposition pour renforcer la fonction contrôle du Conseil d’Administration…c’est pourtant aussi une faiblesse bien française !

Le 18/11/2012

06/11/2012

Alpine sauve Renault !

 

Alpine sauve Renault !

 

 

L’accord signé entre Renault et Catheram pour relancer la marque Alpine, symbolisé par la poignée de mains de Monsieur Ghosn à Monsieur Fernandes, propriétaire de Catheram (entre autres…), au-dessus d’une Berlinette, fait naître un bel espoir, unanimement salué par la presse internationale.

Ce nouveau buzz tombe à pic pour faire oublier, même provisoirement, toutes les mauvaises nouvelles venant de Renault :

- une situation commerciale catastrophique en Europe, avec une part de marché (VP) de la marque Renault à 6,6%, quand elle était de 10,7% 10 ans plus tôt alors que la marque Volkswagen passait de 10,3% en 2002 à 12,8% en 2012, bientôt le double de Renault… exemple frappant du « décrochage » invoqué par Monsieur Gallois.

- l’échec du déploiement du Véhicule Electrique Renault promis pour 2012 : la ZOE, présentée en grande pompe en avril, accuse maintenant un retard d’au moins un an !

Donc, oui, aujourd’hui, au niveau de la communication, Alpine sauve Renault.

Et demain ?

Je ne vois pas quelle baguette magique pourrait redresser Renault à court terme : le succès espéré de Clio 4 ne faisant que compenser l’essoufflement prévisible de Mégane et Scénic.

En ce qui concerne Alpine, il faut y croire, mais on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions:

Compte tenu de la mauvaise situation de Renault, on peut comprendre qu’il fallait s’appuyer sur un partenaire pour relancer Alpine, mais Catheram est-il le bon ?

Dans l’immédiat les dollars de Tony Fernandes pour prendre 50% d’Alpine Renault (combien?) et les millions d’euros des collectivités locales pour localiser l’affaire à Dieppe, sont bienvenus. 

Mais après?

D’abord l’argent ne commencera à rentrer que dans 4 ans !

Ensuite il faut que le projet réussisse pour perdurer.

Nous, les Anciens, avons tous des ambitions pour Alpine ; seront-elles partagées?

Qui commandera dans une J.V. à 50/50, même si le patron est de Renault?

Pour apporter quelques arguments sur le marché, la nouvelle Alpine doit être innovante, comme l’a été l’auto présentée en 1955 par Jean Rédélé avec son châssis poutre (principe repris par Lotus...) et sa caisse en polyester.

Or, si les autos Catheram d’aujourd’hui sont bien sympathiques, c’est dû plus à leur charme british suranné qu’à une créativité débordante.

Le nœud de l’affaire étant l’architecture du véhicule qui devra s’inspirer des technologies les plus modernes utilisées en compétition mais à un prix acceptable en petite série.

"Catheram Technology Innovation" revendique être un spécialiste en ce domaine : ça tombe bien, mais quelles références? J‘espère au moins que les quelques chiffres parus ça et là sur le cahier des charges sont « bidon » : poids de 1200 à 1300 kg, pour 250 CV, 4,30 m de long et 40 000 €. Cette donnée poids me semble incompatible avec ce qu’on peut attendre d’une nouvelle Alpine.

Il ne faut pas oublier qu’une Mégane RS sur le même centrage, est une excellente voiture de sport à

30 000 €.

 

 

Le 6 novembre 2012