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26/05/2011

Renault: attention l'Etat voudrait s'en mêler!

RENAULT: attention, l’ETAT voudrait s’en mêler !

 Le Figaro d’hier (24 mai) nous relate les réflexions, à voix basse, qui animent le Ministère de l’Industrie, quant au remplacement de P.Pelata chez Renault. Il n’y aurait pas de contestation sur la candidature qui tient la corde, celle de Carlos Tavares, mais sur le contenu de sa future mission et le positionnement du poste, que l’Etat souhaiterait enrichi, plus indépendant du PDG; je traduirais très librement, genre C.E.O., pour « Chief Executive Officer », à l’américaine.

C’est tout de même étonnant que l’Etat, premier actionnaire avec 15%, mais doté d’une forte capacité d’intrigue au sein du Conseil d’Administration ait laissé celui-ci renouveler le mandat de Carlos Ghosn à la Présidence de Renault et, quelques semaines après, il ne cesse de lui cirer la planche et de l’empêcher d’exercer, comme il l’entend, son mandat de patron…Magouilles de politiques qui n’ont pas eu le courage de prendre les décisions radicales qui s’imposaient dans les instances idoines!

Quoiqu’il en soit et quelque soit le scénario négocié, l’Etat veut imposer aux dirigeants de Renault, comme priorité, la stratégie industrielle: et c’est encore une erreur de gens pressés qui ne connaissent rien à l’industrie, automobile particulièrement. Les délocalisations sont certes un problème, mais, avant cela, les pertes de clients et donc de positions commerciales de Renault sont autrement plus préoccupantes: je rappelais dans la note précédente de ce blog qu’en six ans, les six années Ghosn-Pelata, Renault a perdu 2,3 points de part du marché V.P. Europe, soit environ 300 000 ventes par an, soit presque la capacité de deux usines. or, les surcoûts d’une usine mal engagée, comme Sandouville, sont plus importants que les écarts de localisation…

Construire des autos, où que ce soit, c’est relativement facile, les vendre, au bon prix, c’est autre chose!

Pour Renault, la priorité des priorités, c’est la stratégie produit; et c’est-ce qu’il faut avoir en tête dans la réorganisation de la gouvernance de l’entreprise et le choix du futur Directeur Général; il faut que ce personnage ait cette vision produit et les moyens de la faire aboutir pour la sortir de l’ornière, et, ça prendra du temps, trois ans au minimum. Et, il ne suffit pas d’être ingénieur ou, designer, ou commerçant, ou financier ou économiste, pour avoir cette sensibilité, il faut être tout ça à la fois. Le produit automobile a cette particularité d’être hautement subtil, partagé entre émotionnel et rationnel et surtout pas équilibré!

C’est clairement cette vision produit qui a manqué au duo Ghosn-Pelata. Les délais de conception sont longs dans l’automobile et, dans un premier temps, ils ont du gérer des produits discutables planifiés par l’ancienne équipe Schweitzer-Douin, mais trois ou quatre ans après, soit en 2008-2009, on attendait du nouveau Renault qu’il sauvegarde la tradition d’innovation dans les gênes de la marque depuis sa résurrection en 1945 et c’est le contraire qui s’est passé: adoptant une stratégie de gestionnite sans imagination ,court-termiste et sans avenir, polarisée par le cours de l’action et la création éphémère de valeur pour l’actionnaire, on s’est appliqué à économiser sur les frais de R&D et les investissements projets, pour se réfugier dans la dégénérescente tactique du « Badging » qui consiste à essayer de vendre sous la marque et l’espérance Renault des produits empruntés aux partenaires de l’Alliance, comme Koleos et Latitude.

Reste bien sûr le PARI de la voiture électrique que M. Ghosn se fait fort de gagner…Mais, là encore, au niveau du produit, c’est une intense déception: Zoé qui sortira en 2012 sera la première auto européenne spécifique électrique; on aurait souhaité quelle apparaisse d’emblée révolutionnaire dans sa forme, ses proportions, genre la Twingo en 1992...Or elle se présente comme une bonne petite bourgeoise thermique classique, même si son design est plutôt agréable à regarder…Ce n’est sûrement pas ce qu’attendent les quelques futurs clients enthousiastes de leur choix écolo qui souhaitent afficher leur différence. C’était pourtant l’occasion unique de remettre en cause l’architecture classique des autos, libérées des contraintes lourdes du thermique que sont, par exemple: échappement, refroidissement, filtre à air, carter d’huile etc.

Bon courage au futur D.G.!

L’intervention de l’Etat risque fort, une fois de plus, d’être celle de l’éléphant dans le magasin de porcelaine à l’instar de ce qui s’était passé lors du rapprochement avec Volvo ou dans la foulée avec Mitsubishi !

Le 25/05/2011

20/05/2011

RECHUTE .

 

RECHUTE ??

 

 

Il y a un peu plus de deux ans, on pouvait lire dans Le Point (n°1902 du 26/02/2009) une longue interview de Carlos Ghosn, interrogé par Marie Bordet sur les conséquences de la crise. Il déclarait : «… il y a quand même un indicateur qui reflète la santé de nos affaires, même si ce n’est pas parfait : la part de marché. Quand les ventes globales de voitures baissent de 20%, 30% ou 40% dans tel ou tel pays, il ne faut plus regarder les volumes mais les parts de marché. Or en 2008, celle de Renault a progressé. Et cela va continuer en 2009. Les segments du haut de gamme sont actuellement très touchés et les petites voitures résistent mieux. C’est plutôt bon pour nous. La crise ne peut pas fournir un alibi à la médiocrité des performances : »

 

On ne pouvait qu’applaudir à ces propos, non sans se dire que cette part de marché de Renault en Europe a baissé de trois points de 11 à 8 % sur ces quatre dernières années (Ghosn) soit plus de 25%....

 

Mais contrairement aux certitudes du Président, en 2009, elle s’est effondrée à 7,7% : c’est vrai que les petites voitures ont mieux résisté…..mais, apparemment, Renault ne l’avait pas prévu et pendant six mois, le réseau a manqué de voitures…mauvaise prévision ou conséquences de la stratégie «free cash-flow » sur les stocks ?? (voir ma note blog du 19/02/2010)

 

En 2010, enfin, la part de marché de Renault a progressé significativement à 8,6% et on pouvait espérer que cette embellie fût stable.

 

Mais voilà que l’A.C.E.A. vient de publier les statistiques d’immatriculation VP Europe du premier quadrimestre 2011 ; et c’est une sévère rechute pour la marque Renault dont la pénétration redescend à 8,0% alors que celle de Dacia continue à progresser à 1,8%. La crise médiatique que vient de traverser notre constructeur ne peut pas, encore, expliquer ce dérapage, car ces chiffres concernent en majorité des livraisons de commandes enregistrées il y a plus de trois mois…en effet, les délais de livraison chez Renault sont anormalement longs : il faut aujourd’hui cinq mois pour une Clio Diesel, par exemple. Bien sûr, ces délais sont de nature à décourager bon nombre de clients potentiels. Il paraitrait que le tsunami japonais aurait des conséquences sur l’acheminement de certaines pièces électroniques ; on peut douter de cet argument en constatant à travers ces chiffres de l’A.C.E.A. que sur ce premier quadrimestre, Nissan a augmenté ses volumes en Europe de 20,2%, portant sa part de marché de 2,8 à 3,5%... Bravo à Nissan !! La tyrannie du « free cash flow » imposée par la Direction Générale explique plus valablement cette situation par ses graves conséquences sur la diminution des stocks de toutes natures et dans tous les secteurs. Le réseau Renault manque donc cruellement de voitures, du moins de celles (diesel) qui se vendent, et c’est un beau gâchis quand on connait le triste taux d’engagement des usines ! 

 

A ceci s’ajoute une grave crise d’imagination produit et des coupes sombres en investissements projets et R&D, confirmées dans le Plan 2016 qui entérine l’abandon des segments haut de gamme du fait de la disparition de la base roulante D : il ne faut donc pas s’attendre à ce que Renault retrouve en Europe sa part de marché d’équilibre qui se situait jusqu’en 2003 autour de 10,6% pour les VP seuls . Pour parler de chiffres précis, en 2004, dernière année Schweitzer, la pénétration de Renault en Europe (15 pays + EFTA) avait commencé à baisser à 10,25 % ; pour le premier quadrimestre 2011, en reprenant le même périmètre pays, la part Renault est de 7,9 %, soit une perte de part de marché VP de 2,3 points, sur un marché estimé à 13 millions, ça représente une perte de 300 000 ventes, soit, en gros, la capacité de deux usines !

 

Beau résultat et félicitations à l’équipe dirigeante actuelle, qui apparemment se cramponne au gouvernail…

 

Au-delà de cet indicateur de la part de marché, reconnu à sa juste valeur par M.Ghosn, les dirigeants disposent d’une batterie d’autres indicateurs fiables qui ne sont malheureusement pas publics :

 

Image, intention d’achat, taux de fidélité, destination des renouvelants de la marque, qualité, satisfaction produit, satisfaction service etc, etc….

 

Mais un Audit du Conseil d’Administration  pourrait se les faire présenter pour avoir une saine analyse de l’état réel de Renault et de la qualité de la gestion de ses dirigeants !

 

12/05/2011

QUI dirige Renault ?

 

Qui dirige Renault ?

 

 

Cela fait deux mois maintenant que l’affaire d’espionnage Renault sur le programme de la voiture électrique s’est révélée n’être, en fait,  qu’une vulgaire affaire d’escroquerie interne, que les trois cadres licenciés et publiquement déshonorés par leur Président lui-même, ont été disculpés et que Carlos Ghosn  a du présenter ses excuses à la télévision.

 

Cela fait deux mois  qu’en Président avisé qu’il est, il sait, que faute de présenter lui-même sa démission, face à un tel scandale international, il doit remplacer son directeur opérationnel, qui a d’ailleurs, de lui-même présenté sa démission.

 

Cela fait un mois que cette démission a été entérinée par le C.A. exceptionnel  du 11/04/11.

 

Et toujours pas d’annonce de la désignation du remplaçant de Patrick Pelata !

 

On comprend que Monsieur Ghosn n’ait pas envie de remplacer son compagnon de route  et, complice sur une stratégie d’entreprise des plus douteuse…Mais il s’est engagé à le faire et il doit le faire rapidement ne serait-ce que pour rassurer quelques  dizaines de milliers de collaborateurs en attente. Les candidats potentiels de qualité ne manquent pas, tant en interne qu’en externe !

 

Bien sûr Pelata « continue à gérer les affaires opérationnelles courantes » mais il est parfaitement malsain que Renault ne soit plus dirigée à moyen et long terme alors que la maison reste dans la tourmente, que le personnel est démotivé, désorienté et, surtout, a perdu confiance dans ses dirigeants.

 

Comme toujours en France, quand on veut retarder les décisions et diluer les responsabilités, Renault, lors de ce CA, a multiplié la création de Comités, soit disant nouveaux, après que les précédents (Compliance, Déontologie) eussent sombré dans le ridicule : Ethique, Audits des risques, Maitrise des risques, Nominations et Gouvernance … à tel point qu’on est en droit de se demander comment se prennent les DECISIONS.

 

Alors, jusqu’à quand, Monsieur Ghosn ??